Apprendre les langues étrangères en meute

En même temps… Est-ce possible? Est-ce souhaitable?

Premier cas: On apprend ou révise plusieurs langues mais en alternance

C’est bien sûr possible et courant (comme au Lycée) et on peut même augmenter le nombre de langues mais:

Il faut surtout distinguer entre révision, développement et apprentissage ex nihilo d’une langue pour organiser son travail.

Il est préférable de mixer une seule langue nouvelle et des langues à revoir avec une plage horaire plus généreuse pour la nouvelle pour une meilleure immersion et répétition qui permettent ainsi d’inscrire les nouvelles acquisitions dans la mémoire à long terme (principes de la répétition espacée et du stockage d’informations dans la mémoire).

L’alternance d’une langue « facile » (proche comme une langue romane ou déjà bien connue) et d’une autre plus difficile (à caractères, grammaire plus étoffée…) est toutefois à conseiller. Exemple: Italien-chinois.

Attention au risque de confusion comme pour l’apprentissage simultané de l’italien et de l’espagnol ou du russe et de l’ukrainien et son classique mélange de vocabulaire. Préférer un couple de langues comme l’espagnol et le suédois.

Séparer les environnements linguistiques

  • Créer un décor et surjouer (gestes, attitudes…) pour se retrouver dans la peau d’un personnage et créer une différentiation et une ambiance propice.
  • Avoir des référents comme l’enfant bilingue qui parle à sa mère et l’autre langue à son père. Un cas concret d’un enfant de 5 ans de mère suédoise d’origine allemande (grands parents de langue allemande donc) à l’école danoise et d’un père français. Chaque langue est utilisée et apprise en fonction de la personne.
  • Choisir des lieux (affectation sélective) comme l’institut Goethe et sa bibliothèque à Paris ou travailler dans un café ou réunion linguistique dédié (effet coupure aussi en sortant de son lieu de travail habituel).
  • Des petites habitudes comme regarder un film ou écouter des chansons avant de commencer pour se mettre dans l’ambiance et réactiver sa mémoire.

Un planning judicieux et espacé (le vendredi pour le russe, le mardi pour l’allemand…) ou une semaine anglais, une semaine italien. Cette solution, ma préférée, permet de s’immerger pour une semaine dans une langue en laissant un minimum de temps pour des activités variées (idée de varier les plaisirs et d’aborder une langue à 360°) avec des conversations skype like, des cours, l’étude de la gramaire, sortir dans un restaurant « ethnique », voir une exposition… dans un même contexte langagier. On peut aussi compter en mois (3 mois une langue…) mais la procédure est longue et le besoin de réviser régulièrement une langue (voyages professionnels par exemple) en fait une option peu pratique pour certains.

Les opportunités déterminent aussi le rythme et la proportion de travail attribués à chaque langue. Un voyage de vacances en Grèce, un salon professionnel en Chine, une amie américaine qui débarque… bouleversent votre agenda et c’est tant mieux car vous allez bientôt pratiquer sur place, le meilleur « fixateur » qui soit!

L’intensité peut être (ou doit) différente pour une découverte tranquille et progressive d’une nouvelle langue et mettre le paquet sur des langues déjà connues (ou l’inverse). On peut aussi vouloir passer un cap (ou plateau) et concentrer ses efforts sur une seule langue (faire une pause pour les autres est alors conseillé). L’ajustement et l’organisation de son travail doivent se faire alors en fonction du temps disponible, de la personnalité de chacun et des opportunités d’usage.

Il faut clairement définir des objectifs pour chaque langue  (par exemple avec le cadre européen de référence des langues) et ne pas interrompre sa progression au milieu d’un niveau ou d’un plateau. Cette gestion de phases d’apprentissage est un élément important pour l’établissement de son planning. Concept du plateau:

itchy big
itchy feet comics

Second cas: l’apprentissage simultané

Précisons qu’il s’applique surtout à l’acquisition de vocabulaire en raison des outils disponibles sur le marché.

Exemples d’outils

  • Des applications natives (ici l’anglais) pour apprendre une langue (ici l’allemand) permettent de travailler deux langues à la fois. dans celle-ci (un mail d’exercice de learn with Oliver) la prononciation et écrit sont en allemand, la langue première cible et la traduction en anglais. Demande toutefois un seuil minimum pour comprendre la traduction.

 

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  • Un outil comme Speakshake utilise le principe de l’alternance dans une conversation planifiée et accompagnée d’outils de travail. 15 minutes dans votre langue et 15 minutes dans celle du correspondant. Mais vous pouvez programmez votre échange dans d’autres langues selon vos connaissances.

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  • Un guide de vocabulaire et conversation allemand de l’anglais des affaires  et un ouvrage de poche allemand, anglais, français, italien et russe à acheter dans le pays, sur internet ou dans une librairie très spécialisée (ici la librairie allemande à Paris). « 2 en un » car en anglais et allemand!

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inderfirmaneu

  • Des livres multilingues de conversation (le plus souvent pour les voyages comme ici avec six langues). Certains ne sont plus édités mais se trouvent d’occasion.

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  • Mini guide pays de l’est (12 langues)

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  • Les langues du soleil:

9782368300527

 

  • Un dictionnaire technique 5 langues et son système de lecture avec classification d’entrées et lettres des langues A,N,F,R,S

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  • De l’argot en Europe

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  • Un glossaire trilingue de vocabulaire professionnel des transports

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  • Pour les plus jeunes (et les autres):

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L’apprentissage en meute est donc possible  à condition de bien gérer ses objectifs, son temps, et l’intensité et équilibre des  niveaux d’apprentissage. En dehors des cas de mémorisateurs d’exception (syndrome d’Asperger par exemple) ou de polyglottes natifs, apprendre en simultané peut être une bonne option pour des apprenants ayant déjà un bagage linguistique et dont l’expérience de stratégie d’apprentissage est déjà avancée.

Avantages

  • Plus rapide pour apprendre du vocabulaire en particulier spécialisé comme celui des transports (un document pour les lier et les maîtriser, lord of the ling 🙂
  • Différencier les vocabulaires sujet à confusion (italien-espagnol)
  • Voyage facile dans de multiple pays
  • Pour les petits génies ou doués de la mémorisation, une rapidité accrue

Inconvénients

La méthode s’applique surtout à la lecture en permettant une révision très rapide et la différenciation de langues trop proches. Si l’écrit pose moins de problème, la simultanéité de l’oral est assez fatiguante (passant d’un univers à l’autre) et si l’on veut « penser dans la langue », option préférable pour bien apprendre une langue et s’exprimer avec aisance et justesse. L’oral « casse » l’immersion (comme dans les méthodes utilisant trop le français pour traduire et expliquer) et accentue la fatigue dûe à l’écoute de deux langues (à l’écrit on contrôle mieux la vitesse de compréhension).

Dans le cadre professionnel l’étude de lexique multilingue est encore plus intéressante car les « compil’s » offre un gain de temps en rassemblant des vocabulaires parfois difficiles à trouver (et à traduire) et permettent d’apprendre plus rapidement un vocabulaire très spécialisé.

L’intercompréhension (comme celle des langues romanes) est une piste très intéressante pour favoriser le multilinguisme et développe une débrouille instinctive pour découvrir d’autres langues. Une approche naturelle (et préhistorique) qui permet d’acquérir une « souplesse mentale », facteur majeur d’apprentissage. La curiosité est aussi éveillée avec son désir d’aller plus loin (apprendre la langue), la familiarisation à l’étude de nombreuses langues ou la rencontre interculturelle. Il y a là une carte à jouer pour la France et le français avec l’étude du latin et la diffusion des langues romanes qui, avec l’espagnol, le français, le latin (à commencer par les caractères latins ou les classements scientifiques) et le portugais, ont un poids certain dans le monde.

Les machines s’y sont aussi mises depuis  longtemps comme dans ce projet européen ou cette évolution dans le monde des « bots » et « tchats » car l’avenir est au multilinguisme simultané et aux traductions automatiques (et pas l’espéranto ou l’anglais…).

Pour qui?

Que ce soit un geek des langues, un challenger pour briller en société ou une nécessité professionnelle, le principe « d’apprendre en meute » peut faire le bonheur des non-débutants, disons les intermédiaires. Au delà, la plongée intégrale nécessaire dans l’univers d’une langue contre-indique cette méthode. Toutefois l’étude des lexiques très spécialisés est très rapide et efficace et un bon moyen d’occuper utilement le temps pendant les déplacements professionnels.

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