Voici un panel de films asiatiques de Chine et de Corée (choix entièrement subjectif et axé sur les séries) qui vont vous surprendre.

Voir des films en langues étrangères est un grand classique des trucs de l’apprentissage d’une langue. Ils demandent un niveau suffisant ou/et un sous-titrage (notons que l’on peut souvent choisir, sur des DVD ou en streaming, une autre langue comme l’anglais pour lire et la travailler). L’intérêt pour un apprenant débutant ou au niveau insuffisant pour comprendre est alors double. Culturel pour la découverte d’une culture, d’un pays et d’un cinéma différent et une source de motivation pour apprendre. Les drames coréens ont ainsi incité nombre de personnes à étudier la langue coréenne.

On pourrait dire qu’ils n’ont rien à envier à l’industrie hollywoodienne mais cela est inexacte. Les sociétés américaines sont bien incapables de réaliser de tels films par manque de culture de leurs réalisateurs mais surtout par celle de leur marché principal, les USA.

Corée

Les bonnes séries coréennes sont époustouflantes de qualité cinématographique et de l’art du détail (il y a bien sûr aussi des tromblons mais généralement anciens) mais surtout d’imagination des scénarios en particulier pour les dramas, comédies romantiques. Des séries de 30 épisodes regorgent de rebondissements les plus improbables les uns que les autres mais où la présence caricaturale devient finalement un art (reconnu par ses voisins asiatiques) certes toujours un peu dans le même décor, la majorité de la population vivant à Séoul. 

L’imbroglio des triangles ou rectangles amoureux s’imbriquent dans des scénarios à thème (le monde judiciaire, la communication l’entreprise, l’école, la chirurgie esthétique, le monde de la mode ou du spectacle ou encore les faits divers). Ils concurrencent les secrets de famille qui réclament un tableau blanc avec feutres couleurs pour suivre avec des trucs magiques ou improbables qui se mêlent à la vie de tous les jours avec des Gobelins, fantômes (thème récurrent), des gens venus de l’espace ou du passé/futur, des pouvoirs (la femme qui voyait les odeurs, celui ou celle qui voit les fantômes). 

Une mention spéciale pour les films de capes et d’épées centrés sur l’époque Joseon, l’époque glorieuse de la Corée. Ici les décors, costumes, combats… sont d’une précision et finition à faire rougir les trois mousquetaires! Le cinema coréen c’est aussi beaucoup de gros plans sur les mimiques et postures stéréotypées (peuple plutôt moins expressif que nous) et le transformisme, des femmes en particulier, ou l’habit et le maquillage font le moine et le syndrome de cendrillon des ravages. L’industrie du maquillage cartonne… Attention pas le déodorant, le gêne est différent du nôtre et les avantage. Un autre trait est la jeunesse (parfois apparente) des acteurs et actrices d’où le nombre de CEO qui semblent sorti du lycée (ce qui permet dans le même film d’utiliser les mêmes acteurs en cas de flashback au collège). Malgré leurs milliers d’employés et grosses voitures, ils conservent d’ailleurs l’immaturité des premières années du lycée pour les relations amoureuses dans les films. Un grand écart qui intriguera les Français…

Gros point forts, les différences sociales. La fascination pour la haute société, celle de l’argent, est omniprésente avec le fossé creusé et l’arrogance des possédants qui s’arrogent tous les droits mais aussi la très grande fréquence des mariages à la cendrillon toujours dans le même sens, homme riche et femme qui galère. 

Un étranger peut percevoir, même si ce ne sont que des fenêtres biaisées de l’industrie du spectacle, des tocs culturels comme les saouleries entre collègues et ses vomissements réguliers dans tous les films avec une remarquable parité, le stress au travail, l’importance des rapports sociaux codifiés, l’attachement voir le collier aux fratries et confréries, l’obsession de la nourriture, la lutte des femmes pour une reconnaissance sociale, l’omniprésence de la culture entrepreneuriale « bars à hôtesses » ou l’expression curieuse des sentiments et des rapports amoureux. Ne pas s’étonner non plus de la trentenaire qui attend son premier baiser (sans la langue…) ou celle qui rougit pour un bisou accidentel sur la joue mais qui 20 minutes plus tôt a collé une rouste de taekewondo à cinq malfrats baraqués et patibulaires. Le monde de l’entreprise et de la justice (la politique n’en parlons même pas) est une pourriture à faire rougir un vieux gang de zombies des années 60.

Il est recommandé de consulter quelques blogs de français et françaises vivant en Corée pour tempérer la loupe déformante de ces films. Ou confirmer…

Chine

Le cinéma Chinois (les séries toujours) n’a pas la même qualité et perfection à la coréenne et pêche souvent par un montage fantaisiste (passer du coq à l’âne définit assez bien certains films) et une finition à la truelle. Mais attention le niveau s’est considérablement relevé depuis quelques temps en particulier pour les séries épiques plus grandioses que les coréennes (mais l’histoire leur donne un avantage). Trois caractéristiques, le double de potion magique, des décors grandioses et de la philosophie en masse (Confucius, Bouddha, Taoïsme, tai-chi and co…)

Où les voir

On peut les trouver entre autres sur Netfix mais surtout sur Viki gratuitement si l’on peut supporter les publicités récurrentes et crispantes(certaines sont de petits bijoux pour vous faire craquer nerveusement…) L’avantage de ce dernier est aussi de présenter des bios des acteurs et liens vers leurs films.

Avec un extrait du descriptif de Viki

Médecin légiste : Docteur Qin (Chine)

Personne ne peut supporter de travailler avec lui mais il excelle dans son travail. Qin Ming (Zhang Ruo Yun) est un médecin légiste excentrique qui a une façon particulière de faire les choses.

Un polar excellent, des personnages étonnants et la visite de la Chine urbaine profonde.

Ever night (Chine)

Ning Que (Chen Fei Yu) est l’unique survivant du régime du général Lin Guang Yuan qui s’est imposé des suites d’une attaque brutale et calculée contre un autre dangereux général.

Une épopée de 60 épisodes haletants avec de magnifiques paysages, de la magie qui s’embrase, des combats du feu de dieux, des personnages attachants, des empereurs, princesses et leurs décors de palais magnifiques. Des trahisons érigées en oeuvre d’art où il est parfois difficile de différencier le mal du bien. Revue deux fois dans la foulée et la saison deux semble être en route…

Masters-sun (Corée)

Le soleil du maître. Joo Joong Won est un PDG ambitieux et froid, qui mesure toutes les relations humaines par l’argent. Tae Gong Sil est une assistante sensible qui souffre d’insomnie à cause de son aptitude à voir les fantômes, acquise après un accident. 

Bataille d’entrepreneurs, secret de famille et deux personnages impossibles dont l’un s’occupe de fantômes. On s’inquiète de la santé mentale des scénaristes…

Madame Antoine (Corée)

Une femme attentive pourra-t-elle déjouer un psychothérapeute ? Go Hye Rim (Han Ye Seul) gère la café Madame Antoine au rez-de-chaussé d’un immeuble qui loge aussi une clinique célèbre de psychothérapie. Hye Rim utilise son intelligence et son intuition pour servir de conseillère au psychothérapeute.

Une comédie relevée et charmante, combat entre rationalité et sensibilité. Beau comme un camion! On parle même un peu français…

Princess’agents (Chine)

Durant l’époque anarchique de la Dynastie Wei du Nord, d’innocents citoyens ont été enlevés et réduits en esclavage.Chu Qiao (Zhao Li Ying) est l’une de ces malheureuses personnes, réduite en esclavage puis jetée dans les bois pour servir de cible de chasse à de riches seigneurs. Yan Xun (Dou Xiao), le prince du Yan du Nord, sauve Chu Qiao.

Une histoire de services secrets avec une femme héroine. Brutal et prenant dans une Chine ancienne pleine de fureurs. Épique.

Une fille canon (Chine) 

Guan Xiao Di (Dilraba Dilmurat) est une jeune femme rebelle. La voie traditionnelle, à savoir poursuivre des études et une carrière sans saveur, ne l’a jamais intéressée. Lorsqu’elle tombe par hasard sur un centre de formation de gardes du corps, sa vie ne sera plus jamais la même.

Un bon film d’action. Belmondo n’a que se tenir. 

Quand un escargot s’éprend (Chine) 

Poursuivre des criminels est-il plus aisé que de tomber amoureux ? Ji Bai (Wang Kai) est un agent de police de renom. Avec son partenaire Xu Xu (Wang Zi Wen), une profiler criminelle débutante, ils forment un duo étrange aux yeux de leur entourage.

Un polar bien ficelé et plein d’action. Titre typique des traductions à la con des titres de films asiatiques qui vous font généralement fuir. Restez.

Gobelin (Corée)

Est-ce mieux de vivre éternellement ou de finalement pouvoir mourir ? Kim Shin (Gong Yoo) est un général décoré de la dynastie Goryeo trahi par le roi jaloux qu’il sert

Un grand classique qui se passe à l’époque moderne… Caractéristique d’un imaginaire que l’on ne sait plus faire en France depuis Mèlies. Ambiance décalée et mystérieuse.

Sans issue (Corée) 

Est-ce qu’un groupe de nouveaux détectives réussira à protéger les gens du quartier riche Gangnam à Séoul contre les nombreux crimes? 

On s’attache très vite aux personnages perdus dans leurs débuts dans la police et perpétuellement sous le joug d’une intrigue pesante. Tranches de vie sociale aussi…

La couleur d’une femme (Corée)

Deux femmes qui travaillant dans une entreprise de cosmétiques veulent aller de l’avant grâce à des moyens très différents. So Ra veut utiliser son doctorat et travailler dur pour réussir dans sa carrière. Quant à sa colocataire Jin Joo veut utiliser sa beauté et ses charmes charismatiques pour accrocher un travail facile et avoir un mari.

Drames d’entreprise à rebondissement avec rectangle amoureux. Même pas honte de regarder! Un concentré de désirs à la coréenne et deux copines sympas mais si différentes. Style enlevé.

Panda et hérisson (Corée)

Pan Da Yang est aussi gentille et adorable que son nom l’indique. Elle est propriétaire d’une pâtisserie nommée « Panda Café ». Elle engage un nouveau pâtissier; Ko Seung Ji; dont le nom ressemble à « hérisson » qui correspond bien à son caractère.

Super attachant avec une guerre des gâteaux, une intrigue économique, des amours contrariés, des copines et un truc de secret de famille béton comme on en fait plus en France. 

Birdie Buddy (Corée) 

Raconte l’histoire d’un ancien joueur de golf pro, John Lee ses deux protégées qu’il entraîne à devenir les prochaines reines du golf. John Lee est devenu le premier coréen à gagner un titre PGA. Ses origines sont un mystère excepté sauf qu’il est adopté. Hormis le golf, il excelle aussi en Capoeira – un art martial/danse brésilien.

Un thème plus international traité à la coréenne. Pas un chef d’oeuvre mais distrayant (ici c’est la balle qui est à tomber). Et puis ça change des sujets à la K-pop ou du Kimchi mais avec toujours du tee…

La fille qui voit les odeurs (Corée)

Deux individus liés par un horrible événement se retrouvent à travailler ensemble pour résoudre cette affaire. Choi Moo Gak (Park Yoochun) a perdu sa jeune soeur, Eun Seol (Kim So Hyun), lors d’un massacre appelé « les meurtres aux codes barres ». Dévasté par son chagrin, Moo Gak devient policier pour essayer d’arrêter le coupable qui est toujours en cavale. Il a aussi perdu ses sens suite à la tragédie et est incapable de ressentir la douleur d’une tasse d’eau brûlante et se blesse souvent. Il rencontre Oh Cho Rim (Shin Se Kyung), une jeune femme qui a survécu à l’événement mais qui a perdu la mémoire et a acquis la capacité particulière de visualiser les odeurs. 

À l’énoncé, on sait déjà que c’est un film coréen…Un truc de pouvoir impensable et délicat sans les gros sabots sauce américaine. Original avec amours au programme et de terribles actes criminels. Un secret de famille bien torché est aussi de la fête. 

Classique immortel (Corée) 

Un livre de recette secret pour faire un excellent Kimchi a été légué de génération en génération dans une famille pendant une centaine d’années. Le propriétaire actuel des recettes, Park Gye Hang, est l’un des plus grands cuisiniers de plats traditionnels en Corée. 

Cette série est un thème récurrent en Corée, celui des traditions et de la dévotion à la bouffe, ici le Kimchi (dont l’attirance reste pour moi occidental ne vivant pas en Corée un mystère insondable dont la simple vue de la préparation me fait fuir encore plus loin). Mais le film est très bon, lui.

Shopping King Louie (Corée)

On peut avoir tous les privilèges et se sentir bien seul. Kang Ji Sung (Seo In Guk) est l’unique héritier du conglomérat chaebol de sa grand-mère depuis le décès de ses parents dans un tragique accident lorsqu’il était enfant. Il est élevé aux États-Unis sous l’identité de Louie par une grand-mère surprotectrice, coupé du monde extérieur et sans véritables amis. 

Film d’entreprise avec ses fameux ingrédients made in Corée only où l’improbable ne fait pas bon ménage avec votre rationalité toute française. Surtout, surtout ne pas partir dans l’analyse sous peine de pétage de plomb.

Oh My Ghostess (Corée)

Est-ce la meilleure façon d’aller dans l’au-delà ? Na Bong Sun (Park Bo Young) est une femme timide et pleine de douleur qui travaille comme chef adjointe au Sun Restaurant. Elle a un faible, en secret, pour le célèbre chef Kang Sun Woo (Jo Jung Suk), mais n’a pas le courage de passer à l’acte. Mais Bong Sun à la capacité de voir les fantômes, en partie car sa grand-mère est shaman.

Drôle. Un fantôme vierge qui souhaite le faire avant de disparaître définitivement. Il n’y a qu’en Corée qu’on peut faire un film pareil…

Do Bong Soon (Corée) 

Une force de la nature. Elle n’est certainement pas une femme ordinaire. Do Bong Soon (Park Bo Young) est une femme qui possède une force herculéenne.

Impayable. Un mélange de drôlerie et de polar sordide aussi inconnu en dehors de la Corée du sud. 

Le Guerrier Baek Dong Soo (Corée)

Cette histoire se déroule durant la dynastie Joseon pendant le règne du roi Jeongjo; relatant le destin du héros Baek Dong-soo qui a révolutionné les arts martiaux au sein du royaume.

Ceux qui aiment les duels seront aux anges (comme les victimes) Entre sectes d’assassins, tueurs impériaux et autres querelles de pouvoirs, la naissance et révélation d’un guerrier très mal parti. On ajoute les ingrédients classiques amours, secrets de famille et bromances. Ça découpe sec dans les bagarres…

Bad guys (Corée)

Le commissaire Nam qui vient de perdre son fils tué par un tueur en série propose à l’officier Oh Goo Tak (Kim Sang Joong) de monter une équipe spéciale composée de criminels pour poursuivre d’autres criminels dangereux. Pour former son équipe Oh Goo Tak fait alors sortir de prison trois condamnés.

Type les salopards, ce film fait preuve d’une grande originalité avec un scénario pas bipolaire comme ceux d’Hollywood.Ça cogne et ça bouge et sans effet de cascades fumeuses. 

L’amour du thé (Chine)

Une jeune femme aime l’art du thé. En grandissant, Du Xin Yu (Pan Zhi Lin) n’a pas le droit de toucher au thé à cause de la mort tragique de son père. Mais après avoir vu une émission du maître de thé, l’amour du thé de Xin Yu est ravivé et elle s’infiltre au jardin de Zhuo Qing pour prendre l’examen de qualification afin de devenir le disciple d’Afei. Alors que Xin Yu travaille fort pour se prouver, elle tombe amoureuse du fils aîné du président du jardin de thé, Tang Zheng Hao (Zhu Zi Yao), qui y travaille aussi. 

La tradition et un film plus calme dans la cogne mais pas dans celles des intrigues et coups bas, une toutes les demi-heures… L’histoire d’une passion, le thé, plus forte que tout.

Bonus:

Love wagon (Japon)

Pour la route. Télé-réalité au ras des pâquerettes avec ses voyages à bord d’un bus rose dans divers pays d’Asie et cucu comme un Pokémon. Rencontres entre garçons et filles pour mariage avec déclarations en direct du type « je veux rentrer avec toi » coup de poker. Si ça foire c’est next, tu rentres seul(e) et on remplace souvent les voyageurs…

Oui mais… visite de l’Asie à petit budget octroyé et étude de la psychologie amoureuse et sociale des japonais en confrontation avec des milieux aussi différents que Taiwan ou la Birmanie. Une plongée passionnante dans la réalité (mais impossible de mettre un Français à bord!). Sur Netfix.

The gambling school (japon)

Un lycée où le classement dépend de vos gains et pertes à toutes sortes de jeux d’argent issu d’un manga.

Tranchantes comme un sabre de samouraï, les saintes nitouches qui y étudient sont effrayantes. Un univers kafkaïen ciselé au fer rouge.

Healer (coréen)

Un privé furtif assisté d’une complice branché high tech rencontre une orpheline élevée par d’anciens détenus.

Entre les secrets de famille qui s’imbriquent, les actions galopantes, les sagas d’entreprises, le gang déterminé et le haut cercle mystérieux qui manipule le pouvoir, ça n’arrête pas. Un polar-romance-tech qui laisse peu de temps pour aller chercher une pizza à l’extérieur.

Une autre top list pour les fans de dramas Coréens

Note: Une fonction existe sur Viki pour utiliser les sous-titres dans la langue du film à des fins d’apprentissage. Un bon truc!

Publicités