Teach French from scratch!

Vous avez un ami, une copine, un voisin ou un collègue étranger qui débarque en France et vous souhaitez l’aider en lui apprenant votre belle langue, la française…

Matos welcome

La première étape est de trouver du matériel pour l’enseigner. Un petit tour à le Fnac ou chez Cultura va très rapidement vous initier au monde du FLE ou français langue étrangère. En effet, les supports sont tous en… Français! Donc, les règles subtiles du subjonctif ou les exceptions grammaticales, bonjour pour l’apprenant! Imaginez que vous aller vivre en Chine et que tous les manuels pour étrangers soient en mandarin. Un gros problème ici de marketing ou alors ils s’adressent aux apprenants québécois ou d’Afrique francophone.

Un manuel non FLE pour apprendre le français à un Chinois 🙂

Dingue l’idée, dingue…

Autre constat, en dehors des publications pour enfants, le sérieux est de mise. Le coté glamour, sympa ou ludique (oh le gros mot!) n’est pas vraiment majoritaire. Un académisme qui fait peur et qui n’encourage guère les apprenants du français qui, rappelons-le, est l’une des langues LV2 les plus apprises dans le monde. Un marketeur de choc est demandé d’urgence à l’accueil pour ne pas se faire prendre de vitesse par l’espagnol ou le mandarin.

La mission une est donc de trouver une méthode et des outils adaptés pour enseigner la langue cible. Achat à l’étranger, quelques librairies spécialisées, sites en ligne… à vous ou à votre apprenant de les trouver!

Le Mental gagnant

Vous n’êtes pas enseignant et vous le faites pour rendre service. Quelques points à considérer:

  • Enseigner demande des qualités particulières (parler français ne suffit pas pour faire un prof)
  • C’est du long terme. Avez-vous la patience nécessaire?
  • Apprendre à des amis. N’avez-vous pas autre chose de mieux à faire avec eux?

Vous lui apprenez (gratuitement sinon vous n’êtes pas un pote ou adieu la « copine ») mais n’est-ce pas l’opportunité d’apprendre sa langue? Le travail en tandem est non seulement rentable mais aussi permet de comprendre les subtilités d’un apprentissage de langue étrangère vu coté enseignant mais aussi de revoir et de vous interroger sur votre propre langue!

Cas pratique

Une chinoise, femme d’expat chinois, vient d’arriver à Paris. 100 mots d’anglais à tout casser et 2 de français. Lui, faux débutant en mandarin…

Méthodologie et toolbox

  • Un alphabet pour le travailler en plus de celui de la méthode étrangères souvent avec des caractères phonétique bizarres pour aider l’apprenant et parfois inconnus chez nous. Dans la méthode chinoise de français importée en douce et utilisée, on trouve des « n » espagnoles et des « tch » russes… Exemple d’outil à trouver au rayon enfant, sympa, coloré et pédagogique. Les différentes variantes de prononciation (comme la nasalisation des « en ») et écritures majuscules et cursive devront y figurer pour une première découverte. Faire travailler avec précision les prononciations à problème comme le U pour des russophones (et beaucoup d’autres)ou le V, J, E-É pour des Chinois.
  • Une première méthode de langue structurante. Évidemment-celle-ci doit être dans la langue de l’apprenant (la partie française vous fera comprendre de quoi il s’agit sans problème mais l’apprenant aura toutes les explications complexes dans sa langue). Elle comportera une partie grammaire incluse pour l’apprenant chinois et qui vous épargnera bien des efforts d’explications foireuses en français, en anglais ou dans votre mandarin balbutiant. Pour les locuteurs d’anglais, si la méthode n’est pas convaincante, on pourra utiliser celles nombreuses sur le marché en dépannage comme Teach French.
  • Un support de conversation pour pouvoir utiliser immédiatement le français dans la vie courante. Deux types: le mini guide de conversation de poche qui permet de l’emporter et thématique (une couleur par thème). Un guide français-chinois à moins de 10 euros fera l’affaire (le MP3 en option est intéressant pour réviser seul). Un outil très motivant en raison de son application immédiate in situ qui satisfera l’étranger dans l’urgence de la vie de tous les jours et confortera sa sensation (et satisfaction) de progression. Vous n’hésiterez pas à pratiquer le jeu de rôle avec lui ou elle pour une bonne préparation avant le grand bain de l’immersion pour de vrai.

Autre outil, la méthode Assimil. Elle permet de s’évader de la méthode de base et de pratiquer des conversations courantes. Certaines éditions sont dans la langue de l’apprenant et constituent de plus un excellent outil de révision et de poursuite en fin de méthode de base. La méthode pour apprendre le chinois en français peut faire le travail et les conversations utilisables de suite.

  • L’outil au top pour lister les nouveaux mots appris, Reji. On choisit les deux langues, on entre les mots dans des listes crées en toute liberté et le logiciel fournit la traduction (une des trois options), un exemple de phrase à choisir parmi trois, la prononciation et la création d’un exercice de révision.
  • Utiliser aussi des ressources en ligne pour pratiquer des exercices de grammaire et éviter un peu le couloir académique du FLE français
  • Finir le cours en chanson! L’écoute d’une chanson aux paroles simples et au débit lent et espacée (Françoise Hardy par exemple) couplée à la transcription et traduction en chinois trouvable sur des sites comme Lyrictranslate. Une activité sympa et motivante

Quelques conseils

  • Utiliser un outil de traduction Voice to Voice comme Converse de chez Itranslate pour communiquer. Magique!
  • Faire répéter dix fois la prononciation, les Chinois étant spécialistes et naturellement doués pour la répétition pour apprendre leur langue à caractères ou dans la pratique des arts martiaux (ma prof de tai-chi, chinoise, c’est 10 fois, 300 fois…). Votre présence et exigence en cours sera l’arme fatale pour une bonne prononciation.
  • Faites des leçons courtes de 30 à 45 minutes et laisser à des applications le travail long de mémorisation de vocabulaire (il en existe de très nombreuses, de qualité et avec de l’audio)
  • Fixer des objectifs mesurés pour ne pas vous faire piéger par les objections du début d’article
  • Ne vous attardez pas sur les exceptions (l’enfer littéraire français) et passer à autre chose. À la lecture d’un texte, ne pas pratiquer l’apprentissage « couperet » et statistiques parfaites (négatives) à la française et ne relevez qu’une ou deux erreurs. Le plus important est le flux de la parole et la sensation de parler en continu pour éviter les blocages destructeurs.
  • Utiliser un maximum d’images, le monde de la langue chinoise est très visuel.
  • Faire des recherches sur le web pour trouver des conseils et, entre autres, sur les sites étrangers enseignant le français
  • Simplifiez à mort! Inspirez-vous des livres pour enfants et enseigner de l’utile pour une application immédiate qui boostera leur sensation de réussite et d’utilité de ses cours.
  • En grammaire, vous aurez très souvent le réflexe de l’ERAC. Ne le dîtes pas à voix haute, l’apprenant le comprendra bien assez vite (Encore une Règle À la Con).
  • Le Chinois n’est pas « couch potato ». Les courts pas trop longs, c’est pour vous épargner, vous 🙂

L’échange

L’apprentissage du mandarin peut se faire par une merveilleuse application, les petits mandarins, dont l’appli mobile permet aussi de travailler avec votre élève chinois(e) de français la prononciation en laissant le long travail de mémorisation au logiciel.

Les guides de conversations et l’usage du jeu de rôle sont idéals pour pratiquer, échanger et apprendre ensemble avec efficacité et rentabilité! Une fois entièrement en français, une fois en mandarin. Ne mélanger surtout pas ou pour rire!

Pour parler, traduire et poser des questions avec l’apprenante qui ne parle aucune de vos langues connues, des multitudes d’applis du type speak & translate ont vu le jour, le plus souvent gratuites, pour lde la traduction automatique (mais envahies la plupart de pubs et à option pour le sans limite, le vocal ou encore le hors ligne).

Constat

À chaque « échange », je constate:

  • Une amélioration de mon français
  • Une franche amélioration de la langue étrangère étudiée avec de l’oral vrai (les guides de conversations) qui rendent sympathiques et efficaces les cours et vous guérissent définitivement de la peur de parler
  • Une très grosse économie de cours particuliers réalisée
  • Une ouverture sur le monde et une découverte inter culturelle (de la cuisine en particulier 🙂
  • Un renforcement des relations humaines
  • De meilleures stratégies d’apprentissage développées

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