Un outil bien connu des voyageurs mais moins des apprenants en langues étrangères!

Le produit

Un guide de conversation est, en général, un petit livre de poche au format d’environ 10 à 12 cm bourré de phrases et de vocabulaire utiles pour le voyage. Ils sont en quasi totalité bilingues seulement (mais il existe quelques raretés plus polyglottes). D’autres formats également existent mais beaucoup moins pratiques pour mettre dans la poche…

Le contenu comporte des phrases composées de mots très fréquents en moyenne le plus souvent de 2 à 3000 mots (parfois un lexique encore plus conséquent pouvant aller jusqu’à 7000 entrées). Un bagage suffisant pour se débrouiller dans toutes les situations courantes…

Ils ont tous un dictionnaire des mots utilisés en fin de guide mais écrit en pattes de mouche pour gagner de la place. La plupart découpent l’ouvrage en thèmes pratiques (au restaurant, chez le médecin,…) le plus souvent différenciés par des bordures de couleurs pour facilement y accéder…

Les prix d’achats étant de 5 à 10 euros pour un produit durable, l’investissement est ridicule (et on en trouve encore moins cher d’occasion!)

L’usage

Le débutant dans la langue devra déjà connaître une base minimum de prononciation et de grammaire pour l’utiliser avec profit même si des chapitres explicatives existent sur ces sujets (mais terriblement simplistes). Un niveau A1 terminé est un bon compromis pour les aborder.

Un outil de poche à dégainer dans toutes les situations à l’étranger mais, pour sortir d’une impasse, on pourra préférer un traducteur automatique qui ne demande pas vraiment de connaissances préalables hormis celle du logiciel (exemple, Converse) mais nous parlons ici des guides en tant qu’outils d’apprentissage! Usage différent donc.

J’ai toujours eu pour habitude, passé l’initiation à la langue cible, de travailler le vocabulaire à l’aide de ces guides. En voyage, je révise dans les transports et juste avant de passer à l’action. Par exemple, avant un achat dans une boutique, je sélectionne les phrases et vocabulaire en construisant le scénario probable. Au bout de plusieurs interactions, les expressions deviennent familières et aux automatisme se crée d’autant plus qu’il s’agit de vocabulaire très courant et réutilisé fréquemment.

Utile pour le tourisme et même les affaires car, dans ce cas, la première étape du voyageur est d’être à l’aise dans ses déplacements et ne pas arriver épuisé à ses rendez-vous par des interactions banales non maîtrisées, sources d’énervement et de pertes de temps (on ne peut flâner, raison pour laquelle je visite le pays cible en touriste avant la phase business pour les premiers essais).

Une approche décalée en comparaison des préparations aux tests et examens habituels mais pourtant l’école de la vraie vie!

Toefl

Versus guide…

Ne nous étonnons donc pas du problème de nombreux français à l’étranger pour parler…

Comment les choisir?

Premier élément, en trouver! Si, pour certaines langues le choix est multiple, d’autres devront se trouver à l’étranger parfois sans une version française. Un bilingue tel que anglais-allemand peut toutefois avoir l’avantage d’en étudier deux à la fois :-). Dans des cas plus sévères, on doit se résoudre à créer son propre outil à l’aide d’un carnet (en découpant des onglets ou en collant des marqueurs) et de contenus trouvés sur le web. Il existe aussi, bien sûr, des applications qui concurrencent fortement désormais les guides traditionnels mais ces derniers présentent des avantages en comparaison avec le mode digital

Ci-dessous vous trouverez quelques critères à surveiller pour un bon guide (cela reste toutefois un choix très personnel).

Richesse du vocabulaire proposé

Avoir la plus grosse compil’ peut sembler très utile sur le terrain mais:

  1. Les dictionnaires électroniques en auront toujours plus
  2. Une base de 3000 mots découragera moins et évitera de s’éparpiller. L’objectif doit être raisonnable. On peut toutefois surligner ceux que l’on veut apprendre pour réduire un trop grand nombre d’entrées.
  3. Chercher en cas d’urgence dans une base trop grande n’est pas aisé. Ce n’est pas un dictionnaire alphabétique…
  4. Beaucoup de mots dans les gros lexiques sont rarement utilisés

Exemple d’un guide en mode dictionnaire (et riche en mots) qui permet de nombreuses entrées. Le mot français en grand et en gras permet d’accéder à des explications et des phrases. Pas pratique pour apprendre avec moins de phrases contextuelles regroupées et mises en évidence. Pour le faire, les mots en gras devraient être dans la langue cible pour ne pas penser français. Dans l’exemple, le dico langue étudiée est à la fin du guide en caractères microscopiques

Ergonomie et aspects pratiques

Les thèmes sont-ils bien choisis? La lecture est-elle aisée? les couleurs agréables? La répartition et présentation des phrases et des mots bien conçues? Il y a-t-il une transcription?

Tous ces détails et l’agrément du visuel ont leur importance! En voici un bien cadré (Harrap’s) :

Présentation sans mise en avant et cadres. Il permet toutefois d’avoir plus de place mais est moins sympathique à la lecture! Notons que ce type de guide plus sobre a l’avantage aussi de pouvoir mettre mieux en avant mes surlignages jaunes ou verts persos (une pratique habituelle chez moi pour, par exemple, mettre en avant les expressions les moins connues pour les réviser d’un coup d’oeil).

Un constat : de nouveaux thèmes s’ajoutent dans les guides actuels comme celui des rencontres amoureuses…

Présence et densité de la grammaire

Soyons honnête, les règles de prononciations sans quelques cours ou les encadrés de règles grammaire basiques de chez basique serviront de rappel mais ne remplaceront un vrai apprentissage. De plus, à l’usage en dehors de quelques tables de déclinaisons ou autres curiosités spécifiques, elles apparaîtront très vite insuffisantes et sans intérêt. En réalité, on pourrait gagner de la place mais le bonus marketing de leur présence n’incite pas les éditeurs à le faire… Autant compléter avec une petite grammaire peu encombrante avec seulement les règles essentielles.

Un autre exemple riche en aides visuelles avec ce guide de mandarin aux caractères en plus grands et en couleur et un surlignage jaune de termes pour un repérage plus poussé. On trouve aussi le Pinyin et une phonétique « maison » et abordable en complément, ce qui complique la lisibilité d’un guide.

Qualités et nombre de phrases

Les phrases sont toujours très courtes ce qui permet facilement de les apprendre très facilement. Combiner avec du vocabulaire, vous pouvez créer un scénario de conversation.

Apprendre donc avant l’usage pour mémoriser dans une première étape et l’intégrer dans votre mémoire à long terme avec les conversations terrains. Plus naturel aussi dans l’action et évite la « lecture » pour plonger dans le « parlé ».

Certains guides sont plus pauvres que d’autres en phrases… Préférer plutôt ceux riches dans ce domaine qu’un mini dictionnaire de mots car on apprend plus vite et on a la bonne formule toute prête!

Audio

Les suppléments audio MP3 à télécharger sur le site de l’éditeur deviennent la norme. Il faut souvent péniblement naviguer sur le site pour les trouver et les fonctions sont basiques. En réalité pas très utiles car les guides sont utilisés une fois qu’on a bien appris les règles de prononciation… Donc, à part des langues comme le mandarin, ils sont bien encombrants à manipuler et à utiliser (les applis n’ont pas cet inconvénient!). Mais ils peuvent servir pour un travail de révision…

Apports culturels

Des infos pratiques et culturelles sont :

  • Sympas à lire
  • Réduisent le stress sur le terrain
  • Le mode d’emploi de la langue

Malgré le peu de place certains guides les ajoutent et on le mérite d’éveiller le lecteur au besoin d’informations complémentaires pour voyager. Un oasis aussi dans un lexique de mots…

Livres ou applications digitales?

Cet article est dédié aux guides formats papiers. Dans la pratique sur le terrain, je constate des avantages comme l’absence de panne de batterie (et économie de celle du mobile), la possibilité d’écrire des notes, le coté lecture sans la fatigue de l’écran (surtout avec les petits écrans et les mini caractères des livrets pour gagner de la place), pas de casse en cas de chute et le vol pas vraiment attractif!

Feuilleter à l’aide des couleurs est aussi rapide et la double page plus large que sur un mobile donc bien plus confortable avec plus d’informations en un clin d’oeil. D’autres parts, les applications doivent ruser et faire des concessions pour présenter leurs contenus!

L’avantage audio n’est que pour des grands débutants et les traducteurs automatiques plus efficaces pour des non apprenants. L’avantage n’est donc pas si évident…

Guide de « communication« 

Des guides au format un peu plus grand parfois sous forme de calepins ou de fiches et qui proposent des phrases toutes faites pour la conversation de tous les jours. Pas de vocabulaire particulièrement pour le voyage mais intéressants car ils regroupent les expressions les plus fréquemment utilisées. Une base de phrases incontournables pour l’apprenant qui démarre…

6 langues

Russe

Anglais

L’usage pro

Les guides de conversations existent aussi pour un usage professionnel. Le vocabulaire de base (de bureau) est ici en réalité assez pauvre et très répétitif. On peut rapidement l’acquérir soi-même en ayant les connaissances de bases de la langue (A2 par exemple). Ils sont toutefois rarement dans un format poche comme dans l’exemple ci-dessous également plastifié en couverture pour une meilleure protection en déplacement (mais pas trouvable en France). Ici une version modulaire multilingue :

Notes

Les guides de conversations sont des outils incontournables et trop délaissés (croyance que ce n’est que pour dépanner en voyage ou pas assez académique).

Or, il s’agit d’un véritable manuel d’apprentissage avec du vocabulaire et son contexte, du pratique et du concret immédiatement consommables! Il permet de franchir une barrière psychologique, la peur de parler, en démarrant avec des acquis très courts et simples et la possibilité d’écrire son scénario. La répétition d’emploi permet une assimilation très rapide qui rassure et rend familier une langue.

Imaginer l’achat et l’usage de ce mini manuel pendant un an à l’école (passé la phase découverte)… L’élève peut en un an être opérationnel pour des choses de la vie courante avec, selon les guides, un stock de vocabulaire qui ne sera pas loin de celui de sa scolarité complète. Le professeur apporte le complément grammaire et prononciation et dispose de scénarios modulables pour des jeux de rôles linguistiques.

Une part de son apprentissage d’une langue étrangères doit donc passer par la case guide, en particulier pour ses premières immersions!

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