Apprendre Trucs et astuces

Combien de mots pour être « fluent »?

Cette question, véritable serpent de mer des forums de langues, est l’un des éléments du succès du marketing actuel, le « minimalist learning ». Plus simplement, en abordant une nouvelle langue, on doit se poser la question du vocabulaire réellement nécessaire à connaître pour parler « couramment ».

Penchons nous d’abord sur notre propre langue, le français, avec cet article de l’encyclopédie incomplète. La conclusion évidente est qu’il n’est pas nécessaire de viser un chiffre élevé de mots pour utiliser une langue étrangère, cette règle n’étant déjà pas applicable à la sienne.

La bonne question est plutôt de connaître le nombre moyen de mots en fonction de son objectif et usage réel (et de la langue ciblée) et les lexiques utiles.

L’exemple de l’anglais

avec Helen Doron: « How many words to be fluent in English »

You can get by in most basic situations with about 500-1000 words, but fluency also has to do with how well you use what you know. Both quantity AND quality are important. Good pronunciation and proper grammar count for a lot for, so a good basis in English language learning will carry you far.

A large vocabulary is important to be able to really enjoy a language. But how many words do you actually need to know?
‘Crawl’ level: 400-500 words, about 150 phrases. You can make yourself somewhat understood and understand slow speech. c’est le niveau européen A1
Mini level: 800-1000 words and 300 phrases. Now you can speak relatively well and unstrained, and can read newspapers and books with the aid of a dictionary. (c’est le niveau européen A2)
Midi level: 1500-2000 words and more than 300 phrases. What you need for day to day conversations. During the course of one day you need approximately this amount of vocabulary, and you can take part in serious discussions and understand what is being said at normal speed.(c’est le niveau européen B1)
3000-4000 words: Sufficient for reading newspapers and magazines fluently. (c’est le niveau européen B2, celui qui nous intéresse le plus pour se définir « fluent » ou courant)
8000 words: All you ever need.

3000 mots

semble être un bon chiffre à atteindre et est généralement reconnu comme une moyenne pour être « fluent ». Si l’on prend sa calculette, on s’aperçoit que 3000 mots : 365 jours = 8,2 mots par jour permet d’obtenir ce niveau en une année à raison de moins de dix mots nouveaux par jour. Etes-vous capable d’apprendre 10 mots par jour? Il n’y a donc pas de quoi s’en faire une montagne ou de s’effrayer devant un « gros dico »!

Un mémento du germaniste, par exemple, vous offre pour moins de dix euros le vocabulaire courant des 3000 mots pour parler allemand par liste alphabétique et thématique auquel s’ajoute toute la grammaire nécessaire et suffisante pour devenir germanophone.

Voir l’application de ce principe pour le chinois avec Caractères utiles en chinois  ou ce poster de 521 caractères qui permet de comprendre 75% de chinois en évitant d’en étudier 50000…

De plus certaines langues à combinaison comme l’allemand ou le chinois démultiplie le vocabulaire appris en raison de l’aspect « lego » des mots ou caractères. Principe qui existe dans une moindre mesure en français (abat-jour, tire-fesse, …) auquel on peut ajouter l’avantage des racines communes, comme en langues latines (amis, amici, amigos…) ou/et les atouts de l’intercompréhension qui sont aussi des facteurs réducteurs de travail et démultiplicateurs de savoir.

Quel usage réel?

Car apprendre des lexiques pour ne pas s’en servir est une perte d’énergie ou de temps. Comprendre l’anglais du football (soccer), c’est 100 mots pour devenir complétement fluent. Voyager, rencontrer…avec 1000 mots on peut le faire! Une discussion philosophique toutefois sera plus complexe et nécessitera un vocabulaire plus riche; mais s’agit-il de l’usage le plus fréquent d’une langue étrangère?

Se concentrer sur un nombre restreint de mots permet de mieux les apprendre, plus vite et vous met en confiance! Notons aussi que les vocabulaires « professionnels » sont souvent très  délimités et s’apprennent et se mémorisent très rapidement en raison de la fréquence d’usage et de la précision des mots. Le soi disant anglais (ou tout autres langues) professionnel n’est qu’un mythe. Il s’agit d’un lexique limité et phrases à usage fréquent et répétitif en entreprise (qui est de loin le plus simple à apprendre) auxquels on ajoute un glossaire pointu (médical, militaire…) souvent à racines gréco-latines ou anglo-normandes plutôt faciles pour un Français et dont la plupart des « natifs » n’ont aucune compréhension ou savoir.

Comment les apprendre?

Si 3000 mots est un résultat à atteindre, c’est un nombre entier divisible! 500 mots pour une première étape et des ajouts successifs programmés balisent un parcours efficient d’objectifs atteignables et raisonnables. La feuille de route du CECR européen est un excellent outil pour « votre plan langue ».

Un simple CC carnet et crayon (copy carbon:-)) peut suffire avec le truc très simple  de surligner avec différentes couleurs (connus, pas sûrs…) tous les mots appris au fur et à mesure en utilisant un lexique de base trouvé à la fin d’un manuel, en librairie, sur le net, ou construit à l’aide d’un logiciel flashcard.

De nombreuses applications en ligne vous permettent d’ajouter vos propres lexiques ou vous proposent des listes à thèmes. Vous pourrez ainsi gérer vos listes de mots utiles en créant même vos nouvelles entrées. Des logiciels actuels autre que les tableurs automatisent ce travail en ajoutant l’audio (encore plus utile pour une langue comme le mandarin) et certains permettent même de choisir  le délai de présentation du mot pour sa révision. Un des plus évolués est certainement learn with oliver mais moins ludique que Memrise ou WordDive. Avec Anki et un peu de mains dans le cambouis on peut construire entièrement sa version perso et importer des lexiques pointus d’internautes.

En famille, avec un jeu de société comme Memotep, est aussi une option sympathique à envisager.

Quelques articles du web anglophone:

http://www.lingholic.com/how-many-words-do-i-need-to-know/

http://www.streetsmartlanguagelearning.com/2013/02/how-many-words-does-average-native.html

 

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